Le 12 mai 2026, une décision historique publiée dans The Lancet a rebaptisé le syndrome des ovaires polykystiques. Le SOPK change de nom et ce n’est pas anodin, celà corrige des décennies de mauvaises représentations.
Si vous avez entendu parler du SOPK , ou si vous vivez avec, vous venez d’apprendre une grande nouvelle : il ne s’appelle plus SOPK. Depuis le 12 mai 2026, il s’appelle officiellement SMOP, pour Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien. Ce changement, annoncé au Congrès européen d’endocrinologie à Prague et publié dans The Lancet, est bien plus qu’un simple changement de nom.
Pourquoi l’ancien nom était problématique et donc le SOPK change de nom
L’appellation « syndrome des ovaires polykystiques » posait problème. Selon les experts de la revue The Lancet, il prêtait en effet à confusion, parce « qu’il sous-entend la présence de kystes ovariens pathologiques, occulte la diversité des caractéristiques endocriniennes et métaboliques, et contribue à retarder le diagnostic ».
Ce que SOPK sous-entendait (à tort) :
- Des « kystes » sur les ovaires
- Une maladie uniquement gynécologique
- Un problème limité à la fertilité
- Une vision centrée sur un seul organe
Ce que SMOP reflète vraiment :
- Des follicules (pas des kystes)
- Un trouble hormonal multisystémique
- Des impacts métaboliques, cutanés, psychologiques
- Plusieurs glandes endocrines impliquées*

Ce que l'on appelait des "kystes" sont en réalité des follicules en maturation incomplète : ce ne sont pas des kystes pathologiques. Le terme "polykystique" était donc anatomiquement faux depuis le départ.
Un processus long et consultatif
Ce changement n’est pas sorti d’un chapeau. Il est le fruit de 14 ans de travail mené sous l’impulsion de la professeure Helena Teede, endocrinologue australienne, en partenariat avec 56 organisations internationales de patients et de professionnels de santé. Plus de 22 000 personnes ont été consultées via des enquêtes mondiales.
« Il était déchirant de constater le diagnostic tardif, la sensibilisation limitée et les soins inadéquats prodigués aux personnes atteintes de cette maladie négligée. »
– Pr Helena Teede, endocrinologue, université Monash (Australie)
Un chiffre résume la demande : dans une étude de 2025, 85,6 % des patientes et 76,1 % des professionnels de santé souhaitaient un changement de nom pour mieux refléter la réalité de la maladie.
Le SMOP, c’est quoi concrètement ?
Le SMOP est la maladie hormonale la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer. Elle se manifeste de façon très variable d’une personne à l’autre, à travers des symptômes qui touchent de nombreux systèmes du corps :
- Cycles irréguliers ou absents
- Acné hormonale persistante
- Prise de poids, résistance à l’insuline
- Pilosité excessive (hirsutisme)
- Risques cardiovasculaires accrus
- Anxiété, dépression fréquentes
- Difficultés à concevoir
- Alopécie (perte de cheveux)
Malgré sa fréquence, jusqu’à 70 % des cas restent non diagnostiqués. L’ancien nom contribuait à ce sous-diagnostic en réduisant la maladie à sa dimension ovarienne.

Ce qui change (et ce qui ne change pas)
Bonne nouvelle pour les personnes déjà diagnostiquées : votre diagnostic reste valable. Les critères diagnostiques de Rotterdam (mis à jour en 2023) restent les mêmes à savoir 2 critères sur 3 parmi dysovulation, hyperandrogénie clinique ou biologique et morphologie ovarienne dystrophique.
Ce qui change, c’est la philosophie de prise en charge. Le nouveau nom invite les médecins à élargir leur regard : prescrire des bilans métaboliques complets, intégrer le suivi de la santé mentale, ne plus considérer la maladie comme un simple « problème de fertilité ». Une transition progressive est prévue jusqu’en 2028 pour intégrer le SMOP dans toutes les recommandations internationales.
Questions fréquentes
Je suis diagnostiquée SOPK, dois-je refaire des examens ?
Non, votre dossier médical reste valable. Mais c’est une bonne occasion de relancer votre suivi, notamment avec un bilan métabolique (glycémie, insuline, bilan lipidique).
Les traitements changent-ils ?
Les traitements existants restent d’actualité. La nouveauté est que les médecins seront encouragés à traiter l’ensemble du tableau métabolique, hormonal, psychologique et pas seulement les symptômes reproductifs.
Quand ce nouveau nom sera-t-il utilisé en France ?
La transition est progressive jusqu’en 2028. Les deux noms coexisteront pendant quelques années, mais les recommandations médicales internationales intégreront progressivement le terme SMOP.


